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Quelles compétences de Leadership pour le monde de demain ?

Quelles compétences de Leadership pour le monde de demain ?

La crise sanitaire se double d’une crise économique dont l’issue est inconnue. Cette incertitude se traduit par un bouleversement dans tous les domaines de l’entreprise : stratégique (prévisions, gestion des priorités, investissements), humain (conditions de travail et du maintien de l’emploi), financier (capacité à continuer à performer dans un environnement dégradé).

Cette situation entièrement nouvelle constitue bien sûr une contrainte considérable et offre en même temps aux dirigeants l’opportunité de s’interroger sur leurs comportements et pratiques pour pouvoir les adapter à ce monde différent.

Renforcer la confiance et la proximité

Les mesures de confinement montrent qu’une nouvelle organisation du travail est possible – une fois les rythmes scolaires revenus à la normale – qui peut offrir davantage d’autonomie et de confort d’une part, oblige à faire davantage confiance d’autre part.

La confiance passe par l’acceptation de ces nouvelles façons de travailler pour lesquelles un contrôle différent doit s’exercer. Elle s’appuie également sur une communication plus efficace et authentique.

Il sera désormais indispensable de donner régulièrement des informations honnêtes sur la situation, de parler « vrai », quitte à accepter de montrer de la vulnérabilité en acceptant de ne pas savoir. Il convient aussi de réinventer les rites (réunions, célébration, …) pour maintenir la proximité avec des équipes à distance et inquiètes sur leur avenir.

Gagner en agilité au sens large

Comment regagner des clients au pouvoir d’achat affaibli ? Comment mobiliser des équipes fragilisées par des rythmes de travail différents ? Comment demeurer compétitif sous contrainte budgétaire intense ? Cette crise pousse à l’agilité émotionnelle, situationnelle, intellectuelle, opérationnelle.

Empathie d’un côté pour comprendre les attentes et les comportements, innovation frugale de l’autre pour savoir redémarrer avec moins de moyens et “faire autant voire mieux avec moins”.

Se recentrer sur les fondamentaux porteurs de sens

Face à la pression du court terme et au désarroi face à l’inconnu, se raccrocher à ce qui donne du sens permet de reprendre son souffle. Il peut s’agir de repères comme la mission ou les valeurs dans un horizon de temps long.

Travailler dans des entreprises qui ont en ligne de mire de soigner ou nourrir les populations constitue déjà un socle solide. Il peut s’agir aussi de retrouver du sens dans son activité quotidienne comme le montre actuellement l’exemple des fonctions support.

Assurer la continuité de la chaîne logistique, mettre en place rapidement de nouvelles réglementations sociales ou fiabiliser le travail à distance sont des sources naturelles de fierté et de satisfaction.

Ce sens nécessite d’être rendu visible en rappelant la mission et les valeurs de l’entreprise, en reconnaissant à haute voix la contribution de chacun et comment elle sert le dessein de l’organisation.

Développer la résilience

En termes simples, la résilience traduit la capacité à continuer à performer dans un environnement dégradé. Elle s’exprime notamment à travers la capacité à rebondir rapidement après un échec ou une erreur, à faire preuve d’ouverture au changement et croire en l’avenir, à s’appuyer sur des valeurs fortes, à coopérer, à faire preuve d’imagination et de créativité.

Dans le monde d’après, la résilience devient une compétence critique. Non seulement le dirigeant doit être résilient, mais il doit s’assurer que ses équipes le sont également.

Renforcer l’employabilité

Les tensions prévisibles sur l’emploi rendent cette mission capitale. Les dirigeants doivent être les moteurs d’une réflexion large autour de la polyvalence, de l’agilité digitale, d’une attitude collective positive face au changement. Au-delà du renforcement de l’employabilité, ces efforts auront des répercussions positives sur l’engagement et la marque employeur.

Ces réflexions ne sont pas nouvelles mais elles sont salutaires. Tout porte à croire que le monde du travail de demain sera différent. Des pratiques de leadership en rupture permettront d’aboutir à une véritable refondation pour continuer d’exister dans ce nouvel environnement.